Dylanesque

Don'tLookBack

Mardi 6 avril 2010 à 21:44

http://dylanesque.cowblog.fr/images/others/524464.jpgThe Field Mice

Une bonne journée. Sur une échelle de 1 à 10 ? Allez, 8. 
Ca avait déjà bien commencé hier. On a regardé "Fantastic M.Fox" avec des Chocobons, un lundi de Pâques en toute légèreté, parfait. 
Aujourd'hui, même pas de pluie. De la farniente au soleil. 
Demain, le bal de promo. En costume. On va vomir partout. On sera fous de joie. Un peu idiots. 

Dans mon émission de radio, j'ai parlé de James Levy. J'espère que quelques oreilles auront pu le découvrir, il le mérite vraiment.
Et j'ai aussi passé quelques morceaux des groupes emblématiques du label Sarah Records, le label qui a lancé la twee pop entre 1988 et 1995. 
Mon label favori. Dans la compilation "There And Back Again Lane", il y a peut-être les morceaux les plus géniaux qui existent. Vraiment. 
Another Sunny Day, The Field Mice, The Orchids, The Sugargliders, des groupes en The britishs, délicieux. Mélancoliques, romantiques. Beaux. 
Cette compil est quasiment introuvable, alors merci Spotify. Et vous chers lecteurs, vous m'en direz des nouvelles !

Sinon, la troisième saison de Breaking Bad dépasse mes espérances. Et j'attends avec impatience le nouveau film de Noah Baumbach ("The Squid & The Whale" et co-scénariste avec mon pote Wes Anderson). Ce sera avec Ben Stiller dans un rôle dramatique, ça s'appelera Greenberg, et il faudra attendre fin avril pour le savourer. 

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C'est tout pour aujourd'hui. Juste une belle journée qui fait du bien par là où elle passe. 


 

Samedi 20 mars 2010 à 23:06

Et de 100... le premier jour du printemps !

Je l'aurais attendu ce maudit printemps. Un peu déçu parce qu'il a plu. Mais bon, une nouvelle période commence et après une semaine à toucher le fond, j'aurais presque envie d'être optimiste. Le deuxième album de Noah and the Whale est de saison, pour différentes raisons. Et je vous le conseille. 

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Je vous en ai conseillé des choses ! 100 articles. Consacré pour la bonne moitié à Dylan, les autres se partageant les restes. J'ai parlé un peu de moi aussi, et c'est quelque chose qui risque de se reproduire. J'avais beau dire le contraire, j'aime bien parler de moi. 

100 articles, et deux ans sur Cowblog. Un an et trois mois pour ce blog, mais avant il y avait la première version, tombé dans l'oubli. Et c'est pas plus mal. 100 articles et j'ai pas envie de m'arrêter, j'ai encore un tas de choses à partager avec vous. Mon blog, c'est une belle thérapie caché sous un tas de musique, de fautes d'orthographes et de playlist.  

Peut-être qu'il serait temps de changer un peu la formule, l'habillage, les couleurs. De faire venir un peu de soleil sur ce blog tout en noir. Mais je sais pas comment faire et pour l'instant, je reste sobre. Je pourrais trier un peu mieux, ranger le bordel, faire mon ménage de printemps. Mais non. Non, non. 

Cela dit, je pense vous proposer plus d'articles, mais des articles plus courts. Des notes, des billets d'humeur, quelques mots, quelques sensations. Je sais pas, ça me démange parfois et puis je me dis non. Mais pourquoi pas. 

100 articles, et c'est reparti pour un tour ! Pour célébrer ce minuscule événement, une énième photo de Dylan. Et un grand merci à ceux qui sont fidèles à mes conneries. Moi je reste fidèle à ma connerie, à mes bons jours, à mes mauvais jours, à la musique que j'aime et à Dylan. 

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Et ce printemps, je vais le savourer à pleines dents ! Tout est dans cette chanson, cette joli chanson, puissiez vous y trouver le courage de repartir du bon pied ! 

It's the first day of spring
And my life is starting over again
The trees grow, the river flows
And its water will wash away my sins
For I do believe that everyone has one chance
To fuck up their lives
But like a cut down tree, I will rise again
And I'll be bigger and stronger than ever before

For I'm still here hoping that one day you may come back
For I'm still here hoping that one day you may come back

There's a hope in every new seed
And every flower that grows upon the earth
And though I love you, and you know that
Well I no longer know what that's worth
But I'll come back to you in a year or so
And I'll rebuild, be ready to become
Oh the person, you believed in
Oh the person, that you used to love

For I'm still here hoping that one day you may come back
For I'm still here hoping that one day you may come back

Samedi 20 mars 2010 à 22:41

Dans le train qui m’emporte vers St Nazaire, il y a un chapeau qui dépasse du siège, devant moi. Je ne fais pas gaffe au début, et puis quand on arrive à destination, le type se lève et je le reconnais. Grand, élégant, des cheveux longs et une barbe rousse, un air complètement perdu, une guitare sur le dos et un chapeau, donc. Turner Cody, qui longe le quai de la gare d’un pas nonchalant, incognito. Moi je l’ai reconnu mais j’ose pas aller lui parler. Il est flanqué d’un type tout maigre avec une casquette de marin, la même gueule idiote qu’Adam Green. Et puis mon camarade Romain passe me chercher et les deux américains disparaissent dans la foule. De toute façon, je vais les revoir. Parce que Romain et moi on est animateurs sur Radio Campus Angers, et comme le barde country se produit ce soir dans un bar du coin, on va l’interviewer.

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Il fait froid sur le remblai, mais comme j’avais pas vu l’Océan depuis longtemps, on se ballade. Un samedi après-midi tiraillé entre printemps et hiver, entre bourrasques et éclaircies. L’heure de la rencontre approche, et alors qu’on s’engouffre dans le supermarché le plus proche pour trouver de quoi manger, on tombe une nouvelle fois sur notre héros. L’air absent, debout au milieu des surgelés. Une drôle de vision. Je cligne des yeux, il a déjà disparu.

Le VIP est caché dans un énorme fort allemand, un blockhaus datant de l’Occupation. Un lieu sinistre, transformé en chantier culturel : café-concert, expositions, programmation varié. Une affiche, discrète, annonce la venue de Turner Cody et de James Levy, sa première partie. Les deux compères new-yorkais ont décidés de s’attaquer à la Côté Française et on commencé leur tournée par Rennes, la nuit dernière. Leur escapade les mènera jusqu’à Marseille, de bars en bars, traînant derrière eux une minuscule communauté de fans, à peine renforcé par la présence du chanteur sur la bande son du film « Un Prophète ». C’est sur scène que j’avais moi-même découvert Turner Cody, en première partie d’Adam Green, deux ans plus tôt. Immédiatement conquis, j’ai lutté pour trouver ces disques et en savoir plus sur l’ancien bassiste d’Herman Düne. Je repense à tout ça, alors qu’il entre s’installer près de Romain et moi, dans le bar du VIP, où aura lieu le concert.

« Hey guys ! ». Plus décontracté que jamais, il tente de s’accouder au comptoir, manque de tomber, puis se redresse l’air de rien. Son regard vagabonde et il est tellement accessible que ça en devient intimidant. Je lance la première question. En anglais, puisqu’à part « Au Revoir », qu’il répète le temps d’une délicieuse ballade sur son nouvel album, le monsieur ne maitrise pas la langue de Brassens. Son nouvel album, parlons-en justement. « Gangbusters », sorti dans l’indifférence général, orchestré par David-Ivar et toute la bande. Turner avoue être vraiment fier de son rejeton. Son album le plus abouti, selon lui. Je vais pas le contredire, c’est un petit bijou. Quand Romain lui demande pourquoi un new-yorkais pure souche comme lui s’obstine à faire sonner ses chansons comme s’il venait tout droit du Mississippi ou de la Nouvelle Orléans, Turner se met à parler de la tradition country, de ses influences, de Hank Williams à Townes Van Zandt. Je lui demande quel est son album favori de Dylan. « Street Legal » me répond-il, sans hésitation. On continue comme ça une bonne demi-heure, Turner nous paye chacun une bière, en nous confiant son rêve de composer la musique d’un western, de son expérience raté d’étudiant, et de son amour pour la France. James Levy, le sosie d’Adam Green qui le suit partout, débarque une cigarette au bec, et nous offre son album avec timidité. On les remercie tous les deux, et comme il reste un peu de temps avant le début des festivités, on s’engouffre dans la voiture, à l’abri du vent, pour savourer les ritournelles folk de Mister Levy, à la voix suave et aux textes qui rappellent également Adam Green. Tout ce que j’aime, vous l’aurez compris.

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20h et le bar se remplit peu à peu. Un public varié. Un grand gaillard arborant une barbe ZZ Top, traînant un gamin portant un blouson de motard. De jolies filles du genre qu’on croise à un concert de Belle & Sebastian. Des habitués pour qui la country-folk commence et s’arrête à Charlie Winston. Sans prévenir, James Levy traverse la salle et monte sur la petite scène à peine éclairé par deux néons, et sans plus d’introduction, se lance dans sa première chanson. Une complainte classique d’un pauvre gars qui veut récupérer une fille trop bien pour lui. Sa setlist défile et je suis à chaque fois conquis par cette voix grave, qui monte très haut sans jamais avoir à se forcer et touche ma fibre émotive. Ces textes sont parfois un peu couillons, souvent beaux à pleurer. En toute simplicité. Il balance quelques mots timides, doit réaccorder sa guitare, se marre tout seul et sourit comme un con, avec sa gueule de con. N’empêche que derrière ce manque de charisme, se cache un vrai songwriter, un type sincère qui nous balance chaque chanson comme si c’était la dernière. J’ai un peu l’impression de voir un chanteur folk du Greenwich Village, au Café Wha ?, au début des sixties. J’ai un peu l’impression d’assister aux débuts de Bob Dylan. S’il sort un peu de sa coquille, James Levy pourrait aller loin. Il disparaît aussi discrétement qu’il est apparu, retourne s’assoir au fond de la salle sous quelques applaudissements, tandis que Romain et moi sourions, heureux d’avoir trouvé un nouveau chouchou.  

Quelqu’un sort Turner Cody de sa bière, il attrape alors sa guitare et monte lui aussi sur scène. Attaque direct avec le premier titre de « Gangbusters », transformé en blues furieux. Le barde parcourt les cordes de son instrument en se balançant d’avant en arrière, dans une sorte de transe, comme si ces morceaux à la sauce Nouvelle-Orléans l’avaient changés en sorcier vaudou. « Back in the Land of the Living » sonne comme une incantation mais ne semble pas hypnotiser la salle, peu communicatif. Histoire de dérider un peu son public, Turner raconte quelques conneries. Sa première visite à Paris, où un type louche l’avait embauché pour tourner dans une pub. Le tournage avait lieu à Marseille, Turner raconte que partir au soleil pour embrasser une figurante dans une pub et être payé pour ce plaisir l’avait enchanté ! Puis il enchaîne ses nouveaux titres les uns après les autres, de la sautillante « When We Go » à la complainte « Lost As Lost Can Be », les yeux fermés, un peu ailleurs, mais débordant de talent. Ouvrant parfois une paupière pour scruter son audience et esquisser un sourire. « Crying in my Whiskey », sa chanson country la plus cliché, parlant de liqueur et de Mississippi, on lui a demandé lors de l’interview, parce qu’avec Romain, on l’aime beaucoup. Alors il la chante avec tendresse et parvient un peu à réveiller les spectateurs, qui l’envisagent plus comme un agréable bruit de fond que comme un artiste. Nous ne perdons pas une miette du spectacle, qui s’achève sur « Au Revoir », la cerise sur le gâteau. Il y aura tout de même un rappel, histoire de finir sa conso, et Turner maltraite sa guitare le temps de deux morceaux. Quand son jack se décroche, il s’agenouille, et ne lâche quasiment pas son instrument pour le rebrancher. Le barde country s’est transformé sur scène en apprenti bluesman appliqué. Le public l’a écouté d’une oreille distraite, moi j’étais encore une fois sous le charme, avalant chaque mot, chaque note avec un plaisir non contenu.

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En sortant, je m’arrête au stand et achète le 45 tours de « Gangbusters ». Turner me demande si j’ai apprécié « Crying in my Whiskey », je lui dit que j’ai adoré le concert en général. Romain me rejoint, il nous salue, avec une solide poignée de main, on aperçoit James Levy sourire dans son coin. Il promet de revenir et on le laisse, comme on se sépare d’un vieux pote. Pendant son set, Turner expliquait au public qu’il aimerait vivre ici, au bord de l’Atlantique, et venir chanter ses chansons toutes les semaines dans ce genre de bar. Ce serait parfait en effet, et je serais au rendez-vous.

Il fait nuit, le vent souffle toujours, mais on marche au bord de l’eau, un sourire aux lèvres, sifflotant un air de country, bien décidés à suivre Turner Cody pour la vie. Deux vagabonds qui repartiront demain leur guitare sur le dos, avec pour seule raison de vivre un amour commun de la tradition country folk et des belles chansons d'amour. 

Le blog de Turner Cody : http://www.myspace.com/misterturnercody
Le blog de James Levy : http://www.myspace.com/levy


 

Jeudi 18 mars 2010 à 17:09

J'avais été un peu dur lors de ma chronique du "Contra" des Vampire Weekend. Je manquais de recul, je tirais des conclusions à la hâte, je me méfiais de cette pop en toc qui ne me faisait pas autant vibrer que lors du précédent essai. Et pourtant, ces nouveaux morceaux des bobos de New York n'ont cessé de faire leurs preuves ces dernières semaines, remettant en question toute la mauvaise foi et la sourde oreille que j'avais déversé la dernière fois. Peut-être que c'est l'arrivée du printemps qui rend ces rythmes ensoleillés aussi addictifs. C'est comme ça que j'avais dégusté le premier album, et voilà que le sort s'acharne. Tant mieux, je ne vais pas bouder mon plaisir et continuer à me repasser "Contra" tous les jours jusqu'à plus soif. "Horchata" pour me réveiller le matin, "Taxi Cab" pour me traîner jusqu'à la fac encore un peu dans le cirage, et puis "Diplomat's Son" pour attaquer la soirée en tapant du pied. Quand à la ballade finale, elle fait écho à la mélancolie, à cette tristesse qui est dans l'air, dont on ne peut décidément pas se détacher, il faudra encore attendre... Moralité, n'hésitez pas à donner une mauvaise chance aux albums les plus redouté, vous pourriez bien vous retrouvez avec un beau compagnon de spleen, de ciel bleu et d'oiseaux qui chantent. 

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La prochaine fois, je vous parlerai d'un fantastique concert de Turner Cody. Et du printemps. 
C'est tout pour le moment. 

Lundi 8 février 2010 à 16:04

J'ai rallumé mon vieil ordinateur. J'ai retrouvé un tas de choses. Des bouts de romans que j'écrivais sans jamais les finir. 
J'ai pas envie que ça disparaisse. C'est touchant. Et puis je n'ai pas tellement changé. 
"Billy", c'est un conte que j'avais débuté durant l'été 2008, alors que je me passionnais pour les westerns et que j'écoutais en boucle la B.O. du film de Peckinpah. Ca a un peu pris la poussière, c'est maladroit, mais bon, voilà. 
Peut-être que je vous montrerais d'autres antiquités, avant que mon vieil ordinateur rende l'âme.


Billy

Billy, 20 ans, quitte le village de Iron City, dans le Midwest, pour partir à l’aventure. Sur sa route, il croisera des hors-la loi, des putains, des poètes, des déserteurs, tout un monde qui l’aidera à passer à l’âge adulte. Du Texas au Canada, de la Californie au Mexique, Billy découvrira l’absurdité d’un monde où la fatalité rôde, et où il devra redoubler de candeur et d’enthousiasme. Un conte aux allures de western, qui se passe à une époque indéterminée, dans une Amérique fantasmée, inspirée à la fois par les westerns de Peckinpah, les chansons de Dylan et les récits de Kerouac.

1. 

C’est la lumière du soleil qui me réveille, à l’aube. L’air est froid, humide. J’ai la bouche sèche et le ventre vide. Ma nuque est douloureuse, elle a passé la nuit posé sur un vieux sac en toile, oreiller de fortune. En guise de petit-déjeuner, je sors un morceau de pain, puis je me roule une cigarette. La cigarette du matin, la meilleure peut-être. Mes yeux peinent à s’ouvrir. Pourtant, j’aperçois de la fumée, de l’autre côté de la colline. Ils sont là. Plus de temps à perdre, une occasion à saisir. Après avoir rassemblé mes quelques affaires, le sac à dos sur l’épaule, je fous le camp. J’entends les trains passer. Je les vois maintenant. Des trains de marchandises. Celui-là va à l’Est, un autre part pour le Sud, et avale, dès le petit matin, des kilomètres de rails. Je dois faire un choix. N’importe lequel, pourvu qu’il m’emmène loin d’ici. Cela fait trop longtemps que je ne suis plus à ma place à Iron City, il faut partir. Pas bon de trainer dans le coin, j’ai l’impression qu’on me guète. J’écrase ma cigarette sur le sol qui m’a vu grandir, et je saute dans le premier wagon. Et me voilà en route pour le Mexique ou le Canada, je n’en sais rien, tout ce qui m’importe, c’est de pouvoir dire adieu à cette ville qui s’éveille, dans la brume d’un matin d’avril. Adieu mon enfer, ma jeunesse. Je ne reviendrais plus.

Ce jeune homme, qui prend le large à bord de son train de marchandises, c’est Billy. Le voilà embarqué dans une folle aventure, que je vais avoir l’honneur de vous raconter. Je ne suis moi-même qu’un pauvre vagabond, Jim pour vous servir. J’ai eu le privilège de partager un bout de chemin avec cette vieille canaille de Billy. Avant sa mort, il m’a légué ses carnets de routes, que j’ai soigneusement retranscrits pour vous dans cet ouvrage. Je ne manquerais pas d’apporter un éclairage historique et personnel sur cette poésie d’outre-tombe. Je vous invite à un long voyage à travers ce pays, d’Ouest en Est, du Nord au Sud, à travers les champs de coton et les déserts majestueux. Ouvrez grand vos oreilles, et venez vous évader en compagnie de Billy.

L’histoire se passe après 1850, avant 1950, je ne sais plus trop, aux Etats-Unis d’Amérique. L’Amérique, la vraie, la grande, celle qui a disparu depuis longtemps, celle qu’il fait bon de se souvenir.

Bienvenue à Iron City. Nous sommes dans le Midwest, près de la frontière canadienne. C’est une région de lacs, de rivières, avec des millions d’arbres. Une zone où Mère Nature n’en fait qu’à sa tête : l’hiver est la saison la plus longue et il peut faire jusqu’à moins vingt degrés en novembre comme en mars. Défiguré par une énorme mine à ciel ouvert, Iron City est un gros village, presque entièrement construit sur une pente, qui a connu une certaine prospérité, à l’époque de la ruée vers l’or, grâce à d’importants gisements de minerai de fer. Selon la demande, sa richesse a cru et à décru au fil des décennies. Lorsque naît le jeune Billy, cet âge d’or n’est plus qu’un lointain souvenir. Le filon s’est épuisé, les emplois se font rares et les habitants ont du mal à joindre les deux bouts. Les hivers se font de plus en plus rude, et la misère guette à chaque porte. Iron City, un trou perdu au beau milieu d’une Amérique en pleine décrépitude.

C’est dans un hôtel, à l’entrée de la ville, près des mines de fer, que naquit Billy, qui n’a jamais été foutu de me dire la date exacte. Il n’aimait pas trop parler de son enfance, d’Iron City. J’ai du moi-même aller mener mon enquête sur place, interroger les habitants et recueillir les témoignages avec minutie. J’ai retrouvé miraculeusement trace d’une personne qui a assisté à la naissance de notre héros. Betty Nash, la serveuse du Central Hotel, aujourd’hui âgé de soixante années, se souvient :
« J’étais jeune et je travaillais comme serveuse au Central Hotel. C’était mon oncle, le patron. On était en août, je crois. Jamais l’été n’avait été si chaud à Iron City. Le bar était plein de gens de passage, venu se rafraichir. Un soir, une femme est entrée. Le temps qu’il lui a fallu pour traverser la porte et approcher le comptoir, elle a attiré le regard de tous les clients. On se méfiait des étrangers à l’époque et il était rare de voir une femme errer seule dans le coin. Elle portait une robe en dentelles, sale et déchirée par endroits. Un visage triste derrière de longs cheveux blonds. Du chemin, elle avait du en parcourir, vu son allure. Une vraie bohémienne, l’air complètement perdue. Et puis elle était enceinte. M’a demandé une chambre pour la nuit, mais avant que j’ai eu le temps de lui dire quoi que ce soit, mon oncle l’a envoyé balader. Notre hôtel avait une certaine réputation, pas question d’héberger les putains de son espèce. Pas assez de classe pour qu’on l’engage comme fille de joie. Résignée, elle a fait demi-tour, sous les regards méprisants de l’assemblée. Jusqu’à ce qu’elle s’écroule sur le plancher. J’ai d’abord cru qu’elle était morte. Un médecin l’a examiné, on a dû lui louer une chambre, et l’installer son corps en sueur sur des draps blancs et propres. Je suis resté à son chevet toute la nuit. Elle a poussé des hurlements et a finalement accouché d’un garçon. Le temps que j’aille chercher de quoi emmitoufler le nouveau-né, elle était passé de vie à trépas. Pauvre femme. On savait pas d’où elle venait, qui était le père. On l’a jeté dès le lendemain dans la fosse commune. Et il a fallu s’occuper du gosse. Pas moyen que je m’en charge, j’avais assez des miens, de mon travail. Les temps étaient bien trop dur pour avoir en plus un gamin à charge. Le prêtre est venu le chercher quelques jours plus tard. Voilà, une histoire de rien du tout, comme j’en ai vu pas mal, quarante ans que je suis derrière le comptoir du Central Hotel. M’enfin je me demande parfois qui était cette femme. »
Me le demandez pas, je n’en sais rien. Pas moyen de retrouver l’identité de celle qui a donné la vie à notre héros. Elle n’a laissé aucune trace et c’est peut-être mieux ainsi. Sa misérable vie fut emporté par le vent et jamais Billy n’aura de parents.

C’est donc un homme de Dieu qui recueilli l’orphelin. Père Jack Lancaster. Issu d’une famille d’émigrés canadiens, il était une figure emblématique d’Iron City. Il avait lui-même lancé la construction de la chapelle, baptisé la plupart de ses habitants et il priait aussi bien pour les braves commerçants que pour les criminels. « Il venait déjeuner tous les jours à la même heure, avait ses habitudes dans notre établissement, m’explique Betty. Quand il arrivait, avec son costume noir et son bâton, tout le monde se calmait. Pas d’affrontements lorsque le père Lancaster mangeait son repas. La paix. Alors on le traitait bien. Mon oncle lui réservait toujours les meilleurs putains, c’était leur secret, fallait surtout pas que ça se sache. Parce qu’il avait beau être un homme d’église, le vieux Lancaster savait prendre du bon temps. Dieu ait son âme ». Cela ne l’a pas empêcher d’éduquer proprement le petit Billy. Enfin, c’était mieux que rien, quoi…

Le père Lancaster vivait dans une annexe de la chapelle, une habitation modeste, avec une chambre, une pièce de toilettes et une grande salle principale. Les murs étaient tapissés de symboles religieux et une grande bible trônait près de la cheminée. Les meubles, anciens, fabriqués au Canada, héritage maternel. Le vieux fauteuil en cuir, imprégné de l’odeur du feu de bois, où le vieillard lit à l’enfant des passages du livre sacré. Billy dort à l’étage, sur un lit qui lui causera plus tard de terribles rhumatismes, dans un grenier où s’accumulaient les offrandes des paroissiens et la poussière.

Comme il n’y avait pas d’école à Iron City, c’est le père Lancaster qui se chargea de l’éducation du jeune homme. Une éducation stricte, religieuse. L’enseignement du respect, de la générosité et de la foi. Savoir lire, écrire, compter. Lancaster préparait Billy à prendre sa relève à la tête de la paroisse, car il sentait la fin proche. De toute façon, le destin des enfants d’Iron City était tout tracé : les illettrés finiraient à la mine, les autres deviendraient commerçants de bas étage. Travailler pour Dieu était une alternative peu réjouissante pour l’orphelin. Plus il grandissait, plus il nourrissait des passions peu catholiques, et se dessinait un avenir loin de l’église. Besoin de s’affranchir de la figure paternel offert par le prêtre, de découvrir le monde à sa manière, pas à travers une vision religieuse. Trop occupé par l’évangélisation de ses concitoyens pour faire attention aux dérives de son protégé, le père Lancaster se rendit compte bien trop tard de l’évolution du jeune homme. Bientôt, Billy laissa tomber la prière et inventa milles excuses pour ne pas se rendre à l’église et prêter main forte à son père de substitution. Comment croire en Dieu à Iron City, terre froide et misérable. Il fallait être aveugle pour rester enfermé dans ce trou perdu. Mais Billy ne pouvait pas partir. Il devait tant de choses à ce vieillard, même s’il se surprenait souvent à le mépriser. Il n’avait pas un sou en poche, et ne savait même pas monter à cheval. Pas faute d’avoir essayer pourtant, mais la maladresse prenait toujours le dessus. Alors pour oublier sa frustration, il devait s’évader avec ses propres moyens. La lecture d’abord et au diable la Bible ! Ce qui passionnait Billy, c’était les romans d’aventure, les carnets de voyage, la poésie. Un univers parallèle qui l’entraînait pendant quelques illusoires minutes loin d’Iron City et de ses rudes hivers. Loin des minerais de fers, de la neige, et du sombre grenier dans lequel il passait ses nuits. Lui-même écrivait parfois, s’inventait des histoires rocambolesques, où s’affrontaient guerriers en armure et monstres des océans. On trouvait également dans ce carnet l’inventaire de ses conquêtes amoureuses : la petite Lily dont la gifle était encore douloureuse, et plus tard, Angela Moore, qu’il avait peloté dans une grange. Et la vieille Bertha, une putain du Central Hotel. Sa première expérience sexuelle, ses fantasmes d’adolescents. De la poésie teinté d’innoçence, et qui témoignait d’un constant besoin de découvertes, qu’il était dur d’assouvir dans la Cité des Mines de Fer.

Sur ces pages, il s’imaginait également des parents. Un jour il avait posé la question au père Lancaster : qui sont-ils ? Ne voulant pas décrire sa mère comme une putain qui avait rendu l’âme dans un bordel en lui donnant la vie, il était resté évasif et Billy était resté sur sa faim.
Dans ce bordel miteux, le jeune homme trouvait l’occasion d’épancher sa soif de découvertes : l’alcool, les femmes, les cigarettes que l’on roule sur un coin de table. On s’assoit au comptoir, on écoute cette chère Betty raconter les derniers scandales, comment le banquier a trompé sa femme avec la voisine, dans combien de temps les employés de la mine risquaient de se retrouver sans emploi. C’est également au Central Hotel que Billy fit une rencontre décisive : l’Irlandais. Un homme mystérieux, que l’on surnommait ainsi à cause de son accent. Un vrai cow-boy, le long chapeau vissé sur les oreilles, les chaussures pointues, les armes prêtes à l’emploi. Tout le monde le craignait sans vraiment savoir pourquoi. Son regard peut-être, le mystère qui planait autour de lui. On racontait qu’il avait tué plus de mille hommes au cours de ses voyages, qu’il avait assassiné son propre frère. Il disparaissait pendant de longs mois, et chaque hiver, il débarquait sans prévenir, commandait trois bouteilles de whisky à la brave Betty, et s’installait sous le regard inquiet des clients pour fumer ses Malboro. Des ronds de fumées sortaient de sa bouche et allaient rejoindre l’esprit bouillonant de Billy, qui voyait en l’Irlandais un modèle à suivre. Une figure paternelle bien plus enrichissante que le triste père Lancaster. Mais jamais il n’avait osé lui parler, ni même l’approcher. Que lui aurait-il dit ? Si seulement il pouvait lui apprendre à monter sur un cheval sans se casser une jambe, à savoir viser droit… Si seulement il pouvait l’accompagner dans ces voyages interminables, au Mexique, en Californie, partout. Quelques mois avant son départ, l’Irlandais avait fait une dernière apparition remarqué au Central Hotel. Betty ne l’a pas oublié : « Comment l’oublier ? J’avais une peur bleue de ce type. Un vrai bandit, il effrayait les clients. Mais comme il ne crachait pas sur la bouteille et sur les jolies femmes, on le laissait entrer. Il remplissait la caisse et tout le monde était content. Dieu sait où ou il trouvait cet argent ? Je préfère ne pas le savoir… Et puis il a fait une dernière apparition, un soir d’hiver. Le bar était plein, les chambres complètes, les vagabonds venaient se réchauffer auprès du grand poêle de l’hôtel. Soudain, un vent froid glaça le sang des clients, et un homme entra sans prévenir, faisant claquer ses longues bottes sur le plancher du saloon. L’Irlandais. Jusque là, rien de nouveau. Je lui sers une série de whisky, personne ne l’approche, rien ne l’atteint. Et puis un autre type débarque au galop, saute de son cheval et accoure lui aussi au comptoir, revolver à la main. Il ne plaisante pas, me dit qu’il veut la caisse ou il me plombe la cervelle. Les autres ne s’interposent pas, mon oncle est occupé à l’étage, alors j’obéis. Aussitôt qu’il a l’argent, il déguerpit, la mine réjouie. L’Irlandais se lève, et sans lâcher son verre, interpelle le bandit. L’autre n’a même pas le temps de réagir, il se retrouve criblé de balles. Long silence. L’Irlandais range son arme, se rassoit, et finit son whisky sans s’occuper de l’agitation qui s’ensuit. Puis, il me lance quelques billets, me dit de garder la monnaie. Il enfile son chapeau et le voilà parti, prenant soin d’enjamber sa victime, encore chaude. Plus jamais venu dans le coin depuis ce soir là. » Voilà le récit de Betty, que j’ai rendu lisible pour vous, en l’appuyant sur d’autres témoignages. Si l’Irlandais a marqué les habitants d’Iron City, il a surtout agit comme un déclencheur sur Billy. Le jeune homme était là ce soir là, il a assisté au sort tragique de ce pauvre bandit. Il a discrètement suivi son héros à l’extérieur. L’Irlandais lui a lançé un regard complice avant de s’engouffrer dans l’obscurité. À ce moment précis, Billy savait qu’il devait le suivre. Qu’il allait partir et suivre sa trace. Devenir lui aussi un homme mystérieux, qui inspire la crainte et le respect. Qui vagabonde et n’a jamais d’autre compagnie que d’éphémères rencontres. D’autre toit que le ciel étoilé. Billy le savait désormais, il devait quitter Iron City.

La nuit qui suivit, il fit ses adieux à son vieux grenier poussiéreux, laissa un mot sur la cheminée pour remercier le généreux père Lancaster, et s’enfuit sans demander son reste. La Lune éclairait Iron City, paisible et endormie. Rien ne le retenait dans le coin. Aucun parent, aucun lendemain. L’avenir se trouvait derrière les montagnes, par-delà la rivière. Un dernier regard et le village des mineurs ne fut bien vite qu’un point à l’horizon.

Si vous étiez un jeune homme à cette époque, vous aviez sans le vouloir un pied dans l’Ancien et le Nouveau Monde, tellement les choses étaient en train de changer. Deux choix possible s’offraient à vous : se laisser porter par la vague ou faire partie de la vague. Comme Billy ne fait jamais rien comme tout le monde, il a décidé très tôt de fuir la vague, avant qu’elle ne le rattrape. Le bonheur est ailleurs, il en est certain. Peut-être retrouverait-il la trace de L’Irlandais. Le voilà donc parti pour un long voyage, embarqué dans ce train de marchandises, sans savoir qu’il ne reverra jamais plus Iron City.

Vendredi 5 février 2010 à 21:07

Insomnies. 
Un mois que ça m'a pris. 
De la musique de nuit. 
Des berçeuses, en voilà. 
Suite à une commande de Jeanne, une nouvelle fois. 
Treize chansons pas soporifiques mais tellement douces, tendres et apaisés.
Treize chansons qui vous améneront paisiblement dans les bras de Morphée. 
Bonne nuit. 

1) Oh! Sweet Nothing (The Velvet Underground)
2) Don't You Cry (Richard Hawley)
3) When It's Sleepy Time Down South (Louis Armstrong)
4) Lullaby (Loudon Wainwright III)
5) A Song for You (Gram Parsons)
6) Asleep On a Sixpence (Isobel Campbell & Mark Lanegan)
7) Blue Moon (Elvis Presley)
8) Goodbye (Archive)
9) Snowy (Josh Rouse)
10) Bad Dreams (Damien Jurado)
11) For the Night (Herman Düne)
12) The Rollercoaster Ride (Belle & Sebastian)
13) Good Night (The Beatles)

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Jeudi 4 février 2010 à 16:43

Février, et le soleil serait presque de retour. 
Oh, je me contente de peu.
Je positivise, j'évite la rechute.
Hier, j'ai reçu les résultats de mes examens. 
J'ai demandé à ma prof titulaire combien j'avais de points à rattraper. 
Elle m'a répondu que c'était "incalculable". 
J'avais presque envie de rire. 

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Avoir un job d'étudiant c'est bien.
Surtout dans un lycée où tu surveilles des récréations et des devoirs, en jouant les grands frères. 
Avec mon argent de poche, j'ai pu acheter quelques CD. 
Dans les bacs à soldes de la Fnac, j'ai trouvé un best of de Leonard Cohen, "Closer" de Joy Division, "Village Green" des Kinks et le live à St Quentin de Johnny Cash. Ca m'a redonné le sourire. Et avec la monnaie, j'ai eu un pain au chocolat et un bon stock de cigarettes. 
Travailler plus pour fumer plus. Et pour écouter de la jolie musique. 

Tiens, en parlant de musique, j'ai encore une playlist à vous proposer. Deux à vrai dire. Ca faisait longtemps, non ?
Ce sont des commandes de Jeanne, dont l'excellent blog est toujours dans ma boite à liens, à droite de votre écran. 
La première, elle sera consacrée au cinéma. La seconde, à mes plus belles berçeuses (et ce sera pour l'article suivant). 

Ma playlist comme au cinéma donc.
Douze chansons extraites de bande originale, dix chansons qui rythment mes films favoris. 
Commentés à la hâte avec le plus grand soin, vous vous en doutez. 
De Wes Anderson à Michel Gondry, en passant par Sam Peckinpah. 
Tout ou presque est trouvable sur Spotify et ça vous économisera une place de ciné. 
Sinon, jetez vous sur le dernier film des frères Cohen, et ne manquez pas "Fantastic Mr.Fox" le 14 février !

Une playslit comme un film sorti de mon esprit. 
Avec tout les clichés du genre, avec de la poésie digne de Florent Pagny.
Imaginez. 

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1) "Main Title Theme Billy" (Bob Dylan)
Bande originale de "Pat Garret & Billy the Kid", un film de Sam Peckinpah (1973)
Ouverture en fondu. Plan d'ensemble sur des plaines ensoleillés, au Mexique. 
Doux accords de guitare, un léger vent dans les cheveux du cowboy, qui erre dans le désert. 
Poursuivi le bandit. Qui fuit. À la recherche de senoritas et de jours meilleurs, sous le soleil d'El Paso. 

2) These Days (Nico)
Bande originale de "The Royal Tenenbaums"  un film de Wes Anderson (2001)
Elle sort du cinéma, il neige. 
Elle avait besoin de se changer les idées. 
C'est que rien ne va plus ces jours-ci. 
C'est qu'elle est fragile, Margot. 
Le coeur brisé, les yeux encore tout éblouis, elle monte dans un taxi.
Et s'enfuit, elle aussi. Comme Billy. 
C'est vraiment pas son jour, aujourd'hui.

3) Yegelle Tezeta (Mulatu Astatke)
Bande originale de "Broken Flowers" un film de Jim Jarmusch (2005)
La nuit tombe. Et les rues de New York se réveillent.
Margot est à l'abri, à l'intérieur du taxi. 
Pourtant elle a peur, peur de tous ces gens autour qui s'agitent. 
Dans sa vie, dans le taxi, tout va trop vite. 
Les passants passent, et Margot s'ennuie. 
Elle soupire, et regarde la vie défiler. 
À travers la vitre du taxi. 

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4) Us (Regina Specktor) 
Bande originale de "500 Days of Summer" un film de Marc Webb (2009)
Margot, le taxi, la nuit.  
Elle fuit, elle cherche l'oubli.
Mais tout ce à quoi elle pense, c'est lui. 
Charlie. 
Elle et lui. 
Elle repense à leurs nuits. 
Elle repense à leur histoire. 
Charlie lui fait broyer du noir. 
Elle repense à ces comédies romantiques qu'ils regardaient enlacés. 
Elle repense à l'été dernier. 
Margot, le taxi, la nuit. 
Et les souvenirs de Charlie. 
Sous la neige, ensevelis. 

5) Queen Bitch (David Bowie)
Bande originale de "The Life Aquatic" un film de Wes Anderson (2004)
Elle sort du taxi. 
Elle crie. 
J'emmerde la neige. 
J'emmerde la nuit, j'emmerde Charlie. 
Elle entre dans un club et commande un whisky. 
Boit. Danse. Boit. 
Elle flirte avec un type. 
Elle monte sur une table. 
Elle boit, elle danse, elle boit. 
Elle s'agite. 
Ivre. 

6) Stéphane Visite Appart' / Rêve Patrick Dewaere (Jean-Michel Bernard)
Bande originale de "La Science des Rêves" un film de Michel Gondry (2006)
Mauvais rêves, mauvaise nuit.
Je me réveille, je ne sais plus qui je suis. 
Je ne sais pas où je suis, je suis loin de lui. 
Mauvais rêves, nuit sans étoiles. 
Le soleil passe à travers des rideaux de voiles. 
Ce n'est qu'un cauchemar.
Il faut trouver la porte, et sortir.

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7) Guitar Solo #1 / Organ Solo (Neil Young)
Bande originale de "Dead Man", un film de Jim Jarmusch (1995)
Fuir la ville, pour de bon. 
Monter dans le premier train. 
Traverser la campagne.
Courir. 
Margot, les jambes à son cou.
Qui échoue dans un bois paisible. 
S'allonge sur l'herbe. 
Et pleure.

8) The Heart Asks Pleasure First/The Promise (Michael Nyman)
Bande originale de "La Leçon de Piano" un film de Jane Campion (1993)
Elle pleure. 
Dans l'herbe. 
Elle pleure, Margot.

9) Theme / Elephant Parade (Jon Brion)
Bande originale d'"Eternal Sunshine of the Spotless Mind" un film de Michel Gondry (2004)
Le soleil à travers les arbres. 
La rosée sur l'herbe. 
La forêt qui s'anime.
Margot se lève. 
Margot sourit. 
Le printemps est revenu. 
Peut-être que lui aussi.

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10) Ashley / Leaving Home (Yo La Tengo)
Bande originale d'"Old Joy" un film de Kelly Reichardt (2006)
Une fin d'après-midi.
Près de Charlie.
Il est chez lui. 
Margot approche, elle sourit.
Il semble heureux.
Charlie est heureux.

11) Lullaby (Loudon Wainwright) / Street Hassle (Lou Reed)
Bande originale de "The Squid & The Whale" de Noah Baumbach (2005)
Charlie.
Margot sourit.
Et si ?
Dans ses bras.
Avec lui, pour la vie. 
Et si ?
Margot sourit.
Charlie.
 
12) Old Friends / Bookends (Simon & Garfunkel)
Bande originale de ma vie
Et puis... 
Non, tout est fini. 
Charlie est heureux.
C'était bien tout les deux. 
Mais c'est fini. 
Margot sourit. 
Tout ira bien. 
Elle s'en va, elle connaît le chemin.
Son visage est serein. 
Tout ira bien, tout va bien. 

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Voilà, c'était mon drame romantique en musique, fleur bleu, délicieux. 
J'aurais pu remplacer toutes ces chansons par l'intégralité de l'album "The First Day of Spring" de Noah & The Whale.
Cela dit. 

Pour d'autres délires mélodramatiques, je vous conseille mon groupe, les Dooshbags. 
Avec Romain, mon guitariste talentueux, on a gravé une poignée de conneries sur un magnéto.
Et ça donne ça :
http://www.myspace.com/thedooshbags

Ah oui et j'ai eu un beau carnet où je pourrais noter plein de choses dessus. Et faire des dessins. Merci ! 
Je repasserais vous dire bonne nuit les amis...

Dimanche 31 janvier 2010 à 20:55

Rien de mieux qu'un peu de neige et une galette frangipane pour me remonter le moral, un dimanche soir hivernale. 
Et puis ce blog, qu'il faut bien entretenir. 
Merci pour vos propositions, je récapitule : Arcade Fire, Tom Waits et les bouquins. Des thèmes sympathiques, j'en prends note. 
Laissez moi cogitez un peu. Je préfère juste vous prévenir : Dylan passe avant tout et j'ai encore quelques albums à chroniquer. 
Une obsession, faut s'en occuper, faut la chérir, sinon ça fâne. Alors vous allez en bouffez encore un peu du Bob, les amis !

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Bon, je prends pas la parole pour rien non plus. Car voici une liste de liens, allez y faire un tour, je suis de bon conseil.
La plupart d'entre eux sont déjà dans ma boite à liens, à droite de l'écran. 

Alors, on commence par une vieille connaissance, un fantôme qui hante la blogosphère depuis un moment déjà. 
Chloé a peut-être disparu pour le moment, mais son vomi est resté collé aux pages de son blog hypnotisant. 
Je lui passe le bonjour, j'espère qu'elle traine toujours dans le coin.
http://walkoverlondon.cowblog.fr/

Un (vieux) monsieur avec une mémoire et un coeur gros comme ça. 
Qui ouvre les portes de sa discothèques et de ses états d'âmes à tous les égarés. 
Je suis tombé dessus par hasard et j'ai trouvé de la pure mélancolie, et tout un tas de découvertes.
Et surtout, une bien belle plume.
http://kmskma.free.fr/

En plus de partager le même design, LondonDay et moi avons plein de points communs. 
Un blog pour ceux qui aiment les bons mots, les coups de gueule et la poésie.
http://londonday.cowblog.fr/

Jeanne, c'est quelqu'un de bien. 
Quelqu'un qui écrit bien et qui surtout, ne se prend pas au sérieux.
Du coup on rigole bien sur son blog, mais c'est pas tout.
Non, il y a aussi un design fabuleux, des chatons rigolos, des odes à Keats et des conneries sur la vie étudiante.
Jeanne, elle étudie à Angers et elle tient mon blog favori. 
http://takeyouonacruise.cowblog.fr/

C'est toujours avec joie que je découvre les doux commentaires de Pelote.
Pelote qui tient un blog attachant et qui est sympa comme tout.
De la poésie aussi, et surtout, un univers dont ne sort pas indemne.
Je vous aurais prévenu...
http://peloton.cowblog.fr/

K., un ami qui dessine. 
Toujours un plaisir de se perdre dans sa galerie de l'absurde.
Vous en ressortirez avec des étincelles dans les yeux.
http://arvagna.blogspot.com/

Et pour finir, une nouvelle venue. 
Mon double féminin. 
Qui a surgi sur mon blog pas plus tard qu'aujourd'hui !
Et qui aime Dylan presque autant que moi !
Je sens qu'on la reverra dans le coin...
En attendant, allez dégustez son blog.
Parfait.
http://cocaine-blues.cowblog.fr/

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Ne me remerciez pas, écrivez plus. 
Allez, j'en profite pour vous refourguez mes jolis photos de Dylan. 
Et je retourne l'écouter et vous préparer de nouvelles chroniques. 
On ne me changera pas...

Samedi 2 janvier 2010 à 22:06

HAPPY NEW YEAR

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Mercredi 30 décembre 2009 à 17:03

Un dernier article.
Pour rendre hommage à celui qui a passé l'arme à gauche le soir de Noël. 
Vic Chesnutt n'est plus. 
Tentative de suicide.
45 ans.

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Découvert il y a une quinzaine d'années par Michael Stipe (REM) dans un bar, il reste une des voix les plus singulières et un des songwriters les plus prolifiques de sa génération. Hémiplégique, l'artiste aimait bien les structures bancales et tordues, qu'il complètait avec de la pure poésie. Un blues déglingué, du folk bouleversant. 
Un type authentique à une époque où ça veut plus dire grand chose. 
Reste ses disques, que l'on se repassera durant ces longues soirées d'hiver. 
Alain Bashung. Et Vic Chesnutt. 
2009 nous aura enlevé deux grands. 
Qu'ils reposent en paix. 

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