Dylanesque

Don'tLookBack

Lundi 31 octobre 2011 à 18:32

Pour ceux qui débarquent, récapitulons : je poursuis ici ma liste des 200 meilleurs bootlegs de Dylan. Enfin, c'est pas vraiment les siens, puisque c'est pas lui qui les fait, mais c'est tout son travail qui s'y trouve compilé dans ce qui reste comme la plus grande collection de disques pirates de l'histoire de la musique contemporaine. Alors moi, je vous sélectionne ce qu'il est primordial de posséder lorsqu'on veut plonger tête baissé dans l'oeuvre du Zim. J'ai glissé un lien vers ces milles trésors quelque part dans l'article, histoire de ne pas jouer les hors-la-loi. Et je vous embarque cette fois-ci dans les coulisses d'une folle aventure, la trilogie élèctrique qui va propulser Dylan au sommet entre 1965 et 1966, allant presque jusqu'à causer sa perte...

http://dylanesque.cowblog.fr/images/dylan/Dylan64new.jpg15) Newport Festival [1963-1965]
Contenu : Commençons par le fameux festival de Newport, catalyseur de l'évolution du Zim entre 1963 et 1965. Lorsqu'il y débarque pour la première fois, Joan Baez le tient par la main et le fait monter sur le trône de la scène folk. L'été suivant, il regarde déjà ailleurs et passe plus de temps à réciter de la poésie qu'à défendre les peuples opprimés. Et lors de son ultime passage, il crée un scandale en branchant les guitares et en mitraillant tout sur son passage en compagnie du Butterfield Blues Band (futur Hawks, futur The Band), marquant malgré lui l'histoire de la folk music et du rock'n'roll. Sur différentes compilations, ainsi que sur les "Bootlegs Series" officiels, vous trouverez l'intégralité de ses performances, qui valent toute le détour, que ce soit le duo passionné Dylan/Baez sur "With God On Our Side", la pureté d'un "Mr. Tambourine Man" jouer les cheveux dans le vent ou la violence d'un "Maggie's Farm" resté dans les annales et qui aurait presque valu un infractus au père de ce bon vieux Pete Seeger. Tout est documenté également dans "No Direction Home" et dans l'excellent documentaire "The Other Side of the Mirror", disponible en DVD. Aucun doute, l'intégralité du passage de Dylan à Newport est à conserver comme un passionnant livre d'Histoire. 
Highlights : "With God On Our Side" (1963), "Mr. Tambourine Man" (1964), "Maggie's Farm/Like A Rolling Stone" et "It's All Over Now" avec des larmes dans les yeux parce qu'il s'agit d'un véritable adieu (1965). 
Son : 9/10.

http://dylanesque.cowblog.fr/images/dylan/t21f-copie-1.jpg16) Thin Wild Mercury Music [1965-66]
Contenu : Probablement le meilleur coffret pour découvrir toutes les merveilleuses outtakes et prises alternatives de cette période faste où la créativité de Dylan est à son apogée. Plutôt que de nous inonder les oreilles avec un trop plein de génie, il s'agit d'une sélection méticuleuse de l'essentiel, avec des perles intemporels comme "I'll Keep it With Mine", "She's Your Lover Now" ou une version plus rythmée de "Visions of Johanna". Il existe bien entendu un tas d'autres compiles et un tas d'autres titres éparpillés entre 65 et 66, mais je conseille ce coffret aux débutants. 
Highlights : "I'll Keep it With Mine", "She's Your Lover Now", "Can You Please Crawl Out Your Window", "Visions of Johanna"
Son : 8/10. 

17) "Don't Look Back" Soundtrack [Mai 1965]
Contenu : Mais avant d'enregistrer toutes ces merveilles, Dylan avait encore un tour d'Angleterre à faire et un tas de protest-song à chanter devant un public qui est venu pour ça. On peut admirer la mutation de l'artiste devant un public perplexe dans l'indispensable documentaire "Don't Look Back", premier rockumentaire réédité dans une belle édition DVD. Ce qui nous intéresse ici, c'est les performances de Dylan qui bâcle ses vieilles scies folk mais brille lorsqu'il interprête ses titres les plus récents, comme "It's Alright Ma (I'm Only Bleeding)". On peut également entendre les jams-sessions entre Dylan, Neuwirth et Baez (qui sera bientôt virée de l'aventure), chantant en coeur des classiques d'Hank Williams. Et le plus beau reste encore cette improvisation au piano...
Highlights : "Concert Medley", ""Piano/Harmonica Tune", "Lost Highway"
Son : 7/10.

18) Manchester, Free Trade Hall [7 Mai 1965] 
Contenu : Dernier témoignage d'un concert tout acoustique, enregistré au printemps 1965 à Manchester. Un bon complément à "Don't Look Back" et sa bande-son, surtout que le son a été conservé parfaitement. Dès l'intro, avec un "The Times They Are A-Changin'" joué à toute vitesse, on sent que oui, les temps vont changer et que des chansons comme "Hattie Carroll" ou "With God On Our Side" sont déjà les vestiges d'une époque révolue. Le reste est un torrent de poésie récité avec style et intensité. 
Highlights : "Love Minus Zero/No Limit", "Gates of Eden", "It's Alright Ma (I'm Only Bleeding)", "Talkin' World War III Blues"
Son : 9/10. 

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19) BBC Broadcast 1965 [June 1965]
Contenu : Même ambiance que sur la tournée anglaise de 1965, sauf que là, c'est enregistré pour la BBC. Malgré le son pas si professionnel pour une telle institution, il s'agit encore une fois d'un instantané de cette période de mutation, avec un Dylan en parfait contrôle de son art. 
Highlights : "She Belongs to Me", "One Too Many Mornings", "Boots of Spanish Leather"
Son : 7/10. 

http://dylanesque.cowblog.fr/images/dylan/g17f.jpg20) "Highway 61 Revisited" Sessions [June 1965]
Contenu : Il y a donc le coffret "Thin Wild Mercuy" cité plus haut mais vous pouvez aussi vous procurez l'intégralité des sessions d'"Highway 61 Revisited", le meilleur album jamais enregistré. D'excellentes prises alternatives de "Tombstone Blues", "Highway 61" ou "Just Like Tom Thumb's Blues", un "Desolation Row" au rythme différent, une version encore plus bluesy de "It Takes A Lot to Laugh, It Takes A Train To Cry", des curiosités pleine d'énergie improvisé avec les Hawks et pour les complètistes, un tas de versions de "Like A Rolling Stone", de l'ébauche au piano avec la voie enroué à ce morceau intemporel qui a inspiré tout un bouquin à ce taré de Greil Marcus. Hélas, pas de nouvelle version de "Queen Jane"...
Highlights : "Sitting on a Barbed Wire Fence", "Like A Rolling Stone, take 1", "Just Like Tom Thumb's Blues"
Son : 8/10. 


21) Hollywood Bowl 1965 |1er Septembre 1965]
Contenu : Et la formule qui fera scandale à travers le monde l'année suivante se déploie véritablement dans un stade californien, en cette rentrée 1965. D'abord les meilleurs chansons acoustiques des trois derniers albums, puis les Hawks qui viennent allumer la poudre avec un concentré énergique mais encore un peu maladroit de rock'n'roll symboliste. L'audience n'exige pas encore d'être remboursé mais il y a de l'électricité dans l'air et c'est l'occasion d'entendre Al Kooper à l'orgue, celui qui plus tard avouera avoir craint pour sa vie et celle de Dylan pendant toute cette tournée expérimentale... 
Highlights : "Tombstone Blues", "Desolation Row", "Like A Rolling Stone"
Son : 7/10. 

22) Berkeley 1965 [4 Décembre 1965]
Contenu : Même combat, quelques mois plus tard, toujours en Californie. Si Al Kooper a quitté l'aventure, le groupe a trouvé son rythme de croisière et pour un enregistrement amateur de 1965, la qualité est plutôt correct. 
Highlights : "Positively 4th Street", "Long Distance Operator"
Son : 6/10. 

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23) San Francisco Press Conference [Décembre 1965]
Contenu : Ceux qui ont la chance de posséder le bouquin "Dylan par Dylan", recueil d'entretiens, savent que la verve et l'arrogance du chanteur font également partie de son oeuvre et que lire ces interviews sont parfois aussi riches que ses chansons. En plein malentendu avec les journalistes, Dylan donne une conférence à San Francisco, le 17 décembre 1965 et fait son habituel travail de répartie et d'absurde. L'enregistrement a vieilli mais reste un document primordiale pour comprendre les états d'âme du Dylan rock-star. 
Son : 6/10. 

http://dylanesque.cowblog.fr/images/dylan/g1334.jpg24) Denver Hotel Tape [13 Mars 1966]
Contenu : Dans une chambre d'hôtel de Denver, Dylan fredonne ce qui servira de base à l'élaboration finale de "Blonde On Blonde", apothéose qui germe dans son esprit depuis l'automne dernier et qui sera bientôt livré au monde entier. Cette chambre d'hôtel, c'est le calme avant la tempête. Si le son n'est pas toujours de grande qualité, on peut entendre les prémices et l'évolution de "Sad-Eyed Lady of the Lowlands" et d'autres variations surréalistes... 
Son : 6/10. 

25) Glasgow Hotel Tape [19 Mai 1966]
Contenu :  Et cette chambre d'hôtel, c'est le calme pendant la tempête, comme on le découvre en visionnant "Eat the Document" (disponible sur Youtube, en attendant une sortie DVD hautement improbable). Face à Robbie Robertson et à l'abri de la foule qui veut sa peau, Dylan dessine des bouts de chansons du bout de ses longs doigts osseux, des bouts de chansons qui vont former ce "Can't Leave Her Behind", 1 minutes 27 de pure beauté, un petit trésor à posséder absolument. 
Son : 6/10. 


26) Genuine Live 1966 [Printemps 1966]
Contenu : Un coffret de huit CDs qui retranscrit la quasi-intégralité de la tournée printanière de 1966, qui mènera Dylan et son orchestre diabolique de l'Australie à l'Europe. Tout est là, et bien plus encore. On peut trouver les différents CD séparèment ou dans des coffrets encore plus vastes, mais on peut se contenter de celui-là car, de toute façon, le tout est répétitive et chaque concert n'a pas la même qualité d'enregistrement. Je conseille celui de Sydney où l'on entendrait presque Dylan pleurer lors de son set acoustique, celui de Manchester qui est resté célèbre et que vous connaissez déjà grâce à "No Direction Home" et au "Bootleg Series Vol.4" (juste le meilleur concert de tous les temps, hein) et toute la fureur, la beauté et la tristesse de cette tournée mythique vous appartiendra. Soit en petit morceaux, soit en intégralité, il y a l'embarras du choix.  

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La prochaine fois : après le crash, Dylan récupère et prend le temps d'enregistrer à la campagne... 

Dimanche 30 octobre 2011 à 17:30

Tiens, c'est mon 200ème article. 

Puisque je n'ai pas beaucoup publié ces temps-ci et que j'ai du mal à écrire mon compte-rendu du passage de Dylan à Paris, je me suis mis au travail et je vous propose une liste. Elle est longue. Elle intéressera surtout les passionnés du Zim. Les non-initiés, je les renvoie d'abord à sa discographie officielle. Là, il s'agit de 200 bootlegs incontournables pour ceux voudrait se consacrer oreilles et âmes dans l'oeuvre de Robert Zimmerman, dont chaque note de musique a été enregistrée (ou presque). 

Quoi, c'est pas très légal tout ça ? Je prends le risque. Certains sont disponibles sous le manteau lors de convention de disques, d'autres sont trouvables seulement sur le net. Et si vous fouillez bien, vous trouverez des liens pour télécharger tout ça, je les ai bien cachés tout au long de l'article. Histoire de pas vous étouffer direct avec trop d'informations, j'ai découpé cette article par périodes et la suite devrait paraître selon le rythme à lequel j'avance. D'abord, l'ère folk, acoustique, les débuts. 

Alors bonne lecture et merci de m'avoir été fidèle 200 fois. 

***

http://dylanesque.cowblog.fr/images/887059.jpg1) Songs For Bonnie [1961]

Contenu : Pour commencer, un truc historique, le premier bootleg de l'histoire, paru à l'origine en 1969 sous le nom "Great White Wonder" et distribué sous le manteau. Il contient vingt-cinq morceaux enregistré par le jeune Bob Dylan, 20 ans, dans une chambre d'hôtel du Minnesota, alors que dehors il fait froid. On est en décembre 1961 et le répertoire du gamin de Duluth est principalement constitué de reprises de standards blues-folk, qu'il a sûrement ingurgité en volant les disques de ses copains ou en écoutant la radio tard dans la nuit. Bien entendu, on retrouve du Woody Guthrie ainsi que du Blind Lemon Jefferson, du Leroy Carr, du Big Joe Williams, on a les grands classiques avec "Man of Constant Sorrow" ou "Naomi Wise" (qui sera reprise en concert à la fin des années 80), quelques titres se retrouveront sur son premier album et d'autres, comme le sublime "I Was Young When I Left Home", seront publiés officiellement des décennies bien plus tard. La voix essaye d'imiter les anciens, l'harmonica est chevrotant et il s'agit d'un document indispensable pour qui s'intéresse aux débuts de Dylan, qui vient juste de trouver son surnom et s'apprête à quitter le Minnesota pour partir continuer son apprentissage dans les rues de New York. 
Highlights : "I Was Young When I Left Home", "Cocaine Blues", "Man Of Constant Sorrow", "I Ain't Got No Home". 
Son : 9/10. 

http://dylanesque.cowblog.fr/images/carnegiehall21961.jpg2) Live At Carnegie Hall [1961]
Contenu : Organisé par Izzy Young, il s'agit du premier concert où Dylan est tête d'affiche. Faute de véritable promotion, seulement une cinquantaines de curieux se réunirent le 4 novembre 1961 pour applaudir timidement un gamin qui part dans de longues improvisations à la guitare et à l'harmonica, qui reprend des classiques du répertoire folk et propose deux compositions qu'on retrouvera sur son premier album, "Song to Woody" et "Talkin' New York". Le tout entrecoupé de blagues et de faux accords. Avec sa malice et un style unique, le gamin parvient presque à charmer son auditoire. Izzy Young se ruine mais participe à l'Histoire. 
Highlights : "Song to Woody", "Talkin' New York", "In The Pines" et la longue récitation de "Black Cross", reprise de Lord Buckley, une fable sur le racisme qui fait froid dans le dos...
Son : 8/10. 

3) The Gleason Tapes [1961-62]
Contenu : Lors d'une résidence à East Orange dans le New Jersey, Dylan rencontre les parrains de la scène folk et récite pendant une bonne demi-heure les classiques du genre. Cette compilation nous propose un enregistrement de sa performance, couplé à quelques vieilles cassettes datant de l'année précédente alors que Dylan avait abandonné ses études et squattait chez un couple d'amis à Minneapolis. Malgré le son archaïque, voilà de jolies embryons. 
Highlights : "San Francisco Bay Blues", "Gypsy Davey", "Trail of the Buffalo", "Acne". 
Son : 5/10. 

http://dylanesque.cowblog.fr/images/0000999739500.jpg4) Folksinger's Choice [1962]
Contenu : Une émission de radio en compagnie de Cynthia Gooding, diffusé en mars 1962, alors que Dylan est la star montante de Greenwhich Village. Même recette que d'habitude : des reprises interprêté tour à tour avec un sérieux déconcertant ou beaucoup de malice. Et surtout, des entretiens où Dylan raconte des fables, des bobards, construit son personnage avec de l'humour et de la nonchalance, face à une animatrice visiblement conquise par son charme. L'émission sera édité de manière plus ou moins officielle en 2010 et est selon moi le témoignage le plus agréable à écouter de la période. 
Highlights : "Lonesome Whistle Blues" (reprise d'Hank Williams), "Death of Emmett Till", "Hard Times in New York". 
Son : 9/10. 

5) The Gaslight Tapes [1962]
Contenu : New York. 1962. Le Gaslight. Un café-concert, au beau milieu des rues froides du Village. Le rendez-vous des amateurs de folk. On y voit de la lumière, on y entre pour se réchauffer. Sur la scène, un gringalet s'acharne sur sa pauvre guitare, et chante de sa voix nasillarde, des airs hérités de Woody Guthrie et des traditionnels folk ("The Cuckoo Is A Pretty Bird"). Pas impressionant pour un sou, ce gamin, avec son accent de chèvre et son air timide, renfermé. Pourtant, dans ce café, l'histoire de la musique est en marche, et ne va pas tarder à se réinventer à travers ce jeune gringalet... En plus des tradionnelles folk-songs, il compose le Dylan. De la pure poésie, ces textes, évoquant l'actualité avec ironie et lyrisme ("A Hard Rain's A-Gonna Fall"). On se laisse porter par la pure beauté de "Moonshiner", par la douce mélodie injectée de venin qu'est "Don't Think Twice (It's Alright)". On retrouve la même magie que sur son premier album, sorti la même année, et on se dit que ce type a un sacré potentiel, mine de rien... Là aussi, on a eu le droit à une sortie officielle à édition limitée en 2005 et là aussi, c'est indispensable. 
Highlights : "Moonshiner", "Cocaine", "John Brown", "A Hard Rain's A-Gonna Fall". 
Son : 9/10. 

http://dylanesque.cowblog.fr/images/bobandsuze.jpg6) The Freewheelin' Bob Dylan Outtakes [1962]
Contenu : Comme son nom l'indique, cette compilation réunit toutes les prises qui ne figureront pas sur le deuxième album de Dylan, "The Freewheelin' Bob Dylan". Il faut dire qu'il avait apporté en studio de quoi remplir dix faces, que ce soit avec d'éternels reprises (d'Elvis à Guthrie en passant par Hank Williams, la sainte trinité) ou bien des compositions qui varient entre boutades légères ("Baby, I'm in the Mood for You", Mixed-Up Confusion", qui prouve que l'électricité fut branché bien avant 1965) et protest-song apocalyptiques ("Let Me Die in My Footsteps", "Death of Emmett Till"). On retrouve également des prises alternatives de morceaux retenus sur l'album, ce qui permet d'admirer les superbes accords de "Corrina, Corrina" ou la genèse de la "Ballad Of Hollis Brown", qui sera pourtant remisé au placard en attendant l'album suivant. Comme chaque collection d'outtakes de Dylan, c'est à découvrir les yeux fermés. 
Highlights : "Corrina, Corrina", "That's Alright Mama, "Mixed-Up Confusion", "Talkin' John Birch Paranoid Blues". 
Son : 8/10.  

7) Broadside Sessions [1962-63]
Contenu : "Broadside", c'est à l'époque l'émission folk incontournable et comme la star du moment était Dylan, il a dû s'y coller et aller y chanter son lot habituel de compos et de reprises. D'abord en mai 1962, puis en mars et août 1963. Cette compilation est donc l'occasion de voir l'évolution des compositions folk du jeune Dylan, mélangeant les perles de "Freewheelin" (l'hymne "Blowin' in the Wind", "Masters of War", "Oxford Town"), celles de "The Times They Are A-Changin'" ("Only a Pawn in Their Game") et des inédits inspirés ("Paths of Victory", "Only A Hobo", "Farewell"). Tout ça sera plus tard au programme du premier volume des "Bootleg Series" officielles. 
Highlights : "Paths of Victory", "Oxford Town", "Masters of War". 
Son : 6/10. 

http://dylanesque.cowblog.fr/images/978StolenMoments-copie-1.jpg

8) Stolen Moments - Live at Town Hall, NY [Avril 1963]
Contenu : Un superbe coffret au packaging parfait et au son impeccable, témoignage d'un concert au Town Hall, à New York, le 12 avril 1963. Sûr de lui et accompagné d'une setlist qui est le condensé du meilleur de son répertoire folk, Dylan livre une performance sans fausses notes et devant un public enthousiaste. Qu'il termine en lisant un long poème consacré à son idole Woody Guthrie. Personne ne se doute alors que l'élève a déjà dépassé le maître... Si affectionnez cette période et que vous tombez sur "Stolen Moments" lors d'une convention de disques, n'hésitez pas une seule seconde. 
Highlights : "Last Thoughts on Woody Guthrie", "Boots of Spanish Leather", "With God On Our Side", "Seven Curses"...
Son : 9/10. 

http://dylanesque.cowblog.fr/images/tumblrlc8l3d9aE21qbeumgo1500-copie-2.jpg9) The Bear Club, Chicago [Avril 1963]
Contenu : Même s'il est introuvable dans un coffret de la même qualité, ce concert à Chicago est une belle performance datant de la même époque du live à Town Hall. La setlist est plutôt similaire mais Dylan semble plus concerné que jamais par ses récits et il y a un souffle permanent sur la bande qui, pour une fois, est une bonne chose puisqu'il donne une ambiance sépia approprié. On dirait presque qu'il pleut pour de vrai sur "Hard Rain" et l'écho sur "With God On Our Side" donne des frissons dans le dos...
Highlights : "Hard Rain", "With God On Our Side", "Bob Dylan's Dream". 
Son : 7/10 (même si le souffle et l'écho sont chouettes). 

10) "The Times They Are A-Changin'" Sessions [1963]
Contenu : Parsemé sur différentes compilations, ces outtakes sont également disponibles pour la plupart sur le "Bootleg Series Vol.1". En plus de prises alternatives, il y a des perles, des chansons plus personnelles et romantiques qui n'auraient pas vraiment eu leur place sur l'album mais annoncent déjà un nouveau tournant pour Dylan. 
Highlights : "Percy's Song", "Eternal Circle", "Mama You've Been On My Mind".
Son : 8/10. 

11) Studs Terkel's Wax Museum [Mai 1963]
Contenu : Une émission de radio diffusée le 1er mai 1963, où l'on retrouve les morceaux du nouvel album et des interviews, le tout compilé dans un coffret au packaging et au son impeccable. Un must pour appréhender le cru 63. 
Highlights : "Who Killed Davey Moore ?", "A Hard Rain's A-Gonna Fall".
Son : 9/10.  

http://dylanesque.cowblog.fr/images/dylan/i18f.jpg12) In Concert - Carnegie Hall, 1963 [Octobre 1963]
Contenu : Le plus beau concert de 1963. Deux ans après son premier passage au Carnegie Hall, Dylan est devenu le petit roi de la scène folk, plus seulement connu dans les rues de New York, mais par le pays tout entier, notamment grâce au succès de "Blowin' in the Wind", l'aide de Joan Baez et son passage au festival de Newport durant l'été. Seul avec sa guitare et son harmonica, il livre une performance courte mais intense, en mélangeant des protest-songs qui claquent dans l'air et des ballades qui font trembler. On a l'impression d'y être et c'est peut-être l'ultime témoignage d'un Dylan concerné par des chansons comme "Davey Moore" ou "With God On Our Side". C'est souvent beau à pleurer et c'est à posséder et à écouter seul, un soir d'automne, avec une bougie allumé. 
Highlights : "North Country Blues", "Boots of Spanish Leather", "Lay Down Your Weary Tune". 
Son : 9/10. 

http://dylanesque.cowblog.fr/images/dylan/Dylan64coll.jpg13) "Another Side of Bob Dylan" Sessions [Juin 1964]
Contenu : Et les temps ont changés. Tournant le dos à une scène folk dont il ne veut plus être le porte-parole ou le pantin, Dylan s'épanouit dans un univers plus personnelle et poétique avec ce nouvel album, dont les sessions ont été conservés. On y trouve un "Mr. Tambourine Man" sublimé par la guitare de Bruce Langhorne, un "All I Really Want To Do" avec un vers supplémentaire, un Ramblin' Jack Elliot qui fredonne ça et là, et deux outtakes, "Denise" et "California" qui, même si elles sont indéniablements plus faibles, valent le coup d'oreille. 
Highlights : "All I Really Want To Do", "Mr. Tambourine Man" et "I Shall Be Free #10". 
Son : 8/10. 

14) Philarmonic Hall, 1964 [Octobre 1964]
Contenu : Halloween, c'est demain. Et que faisait Dylan le soir d'Halloween, en 1964 ? Il donnait au Philamornic Hall une prestation enjouée et inoubliable en compagnie de Joan Baez et prouvait définitivement qu'il était en pleine mutation. Le mieux pour écouter ce concert culte, c'est encore de se procurer le "Bootleg Series Vol.6" qui lui est consacré et dont je faisais une chronique
ici
Highlights : "All I Really Want To Do", "Don't Think Twice (It's Alright)", "If You Gotta Go", "Gates of Eden". 
Son : 10/10. 

Dès que possible, la suite avec la période électrique, de 1965 à 1966...

Dimanche 23 octobre 2011 à 16:36

Note : Voici une interview que j'ai pu réalisé avec l'aide de Radio Campus Angers, la radio étudiante qui me permet depuis 2008 de partager encore plus de musique avec mes deux émissions MellowYellow! (pop-folk-country-blues) et BangBangRock&Roll!, diffusés le mardi entre 19h et 21h. Pour écouter les émissions en direct, retrouvez les podcasts et les playlists ou tout simplement en savoir plus sur Radio Campus Angers, rendez-vous sur nos pages Facebook ou sur le site officiel : http://www.radiocampusangers.com

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Loin de Portland, Alela Diane se retrouvait vendredi dernier dans la grisaille angevine. Mais avec son père et son mari à ses côtés et un public conquis d’avance par ses ritournelles folk, l’adorable chanteuse n’a pas trop le mal du pays. C’est autour d’un thé qu’elle m’a parlé en toute simplicité de son dernier album (“Wild Divine”, sorti au printemps dernier), de sa tournée, de la musique qu’elle aime faire et celle qu’elle aimerait faire.

Light a Candle in the Dark / “Mon dernier album est un mélange de noirceur et d’optimisme. J’allume des bougies dans l’obscurité. J’observe des choses parfois très sombres mais je retrouve toujours l’espoir. C’est ce sentiment que j’ai voulu transmettre à mes nouvelles chansons. »

En Famille / « Ecrire des chansons et les jouer sur scène est quelque chose de très intime et ça me semble naturel de partager cette intimité avec les personnes qui me sont proches. Mon mari et mon père sont avec moi sur scène, depuis le début, et c’est avec eux que j’aime travailler. »

American Music / « La musique américaine, en général, fait partie de qui je suis. Mais si je respecte des artistes comme Leonard Cohen, Joni Mitchell ou Bob Dylan, ils ne m’influencent pas directement. Ce que j’écris est vraiment personnel et s’il est possible que certains thèmes ou certaines sonorités font écho à l’héritage de la musique américaine, c’est souvent de manière inconsciente. »

Heartless Highway / « J’ai du mal à écrire quoi que ce soit quand je suis chez moi parce qu’il y a tant de distractions : j’ai des choses à faire, des amis à voir, du ménage… Quand je voyage, c’est une suite d’hôtels, de routes et comme je ne suis pas émotionnellement attaché à ces endroits, c’est l’occasion de faire un travail d’introspection et de repenser à ma maison avec une nouvelle perspective, avec distance. C’est plus facile de parler de chez soi quand on est loin de chez soi.

Country Music / « Mon dernier album a des sonorités plus country, ce que je n’avais même pas réalisé en l’enregistrant. La production, la pedal-steel, le jeu de guitare de mon père… Mais je ne me vois pas aller à Nashville enregistrer un véritable album country dans le sens pur du terme. Ce serait prendre une direction trop évidente, trop simple, fainéante. J’aime l’ambiance de cet album mais la prochaine fois, je veux faire quelque chose de nouveau, surprendre. »

Et Maintenant ? / « Je traverse des moments qui me font grandir, changer de personnalité et je pense que je vais essayer de travailler sur cette évolution dans mes prochaines chansons. J’ai pas mal écris sur cette tournée et j’espère avoir le temps de trouver des mélodies et enregistrer en rentrant chez moi. Je veux vraiment faire quelque de différent. Pas un changement extrême, pas de musique électronique ou de disco, mais une évolution. Je veux me concentrer plus sur les mots, sur ma voix, être le plus honnête possible. C’est ce qui est important au final, la sincérité.

Et ce qui fera la force de sa performance, c’est justement cette sincérité. Au milieu de la grande scène du Chabada, entouré par son mari et son père à la guitare, plongé dans une cotonneuse ambiance country, Alela Diane a offert un concert chaleureux. Jamais trop calme, jamais trop brusque, tout en nuances et traversés de pures moments d’émotions. Et cette voix… Sauvage et divine.

Samedi 22 octobre 2011 à 23:51

Cher lecteur,

L'automne a commencé sans moi, j'étais bien occupé et tu te demandais sûrement où j'étais passé, ce que je pouvais bien faire, pourquoi je te donnais plus de nouvelles. Je n'ai aucune excuse. Je ne peux pas te dire que rien d'intéressant ne s'est passé depuis cet été, ce n'est pas vrai, j'ai vécu un tas de choses passionnantes qui auraient mérités d'être racontés. Je ne peux pas te dire que je n'ai plus envie d'écrire, c'est faux, car j'écris beaucoup en ce moment, j'ai un grand projet qui me demande d'écrire des pages et des pages et j'aurais pu puiser dans cette folie créatrice pour alimenter les pages de ce blog moribond. Je ne peux pas te dire que même Bob Dylan n'a pas hanté mon esprit car j'écoute "Love & Theft" en boucle et son dernier concert parisien a été l'un des points forts de ces derniers jours. Je ne peux pas te dire que l'actualité musicale ne me donne pas envie de pondre des chroniques passionnées, car j'ai découverts de merveilleuses chansons récemment et j'aurais dû partager mon plaisir. J'ai été égoïste, j'ai mis ta fidélité à rude épreuve, et pour ça, je te demande pardon. 

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Si en fait, j'ai une excuse : je vais bien. Comme la déprime est plus facile à partager que l'allégresse, j'ai tout gardé pour moi. Je vais bien parce que je ne m'ennuie pas une seconde et tout ce que je fais (ou presque) me passionne, garde mon esprit en éveil, me garde vivant. Et ça, c'est pas facile à raconter, moins facile que l'ennui, la fatigue et le désespoir. Par contre, j'aime bien lire ce que font mes collègues. Il y a de belles choses sur le Net. Si les réseaux sociaux ont désormais la main-mise sur l'expression virtuelle, quelques jolis blogs survivent. Parmi ceux que je visite régulièrement, il y a
celui-ci, celui-là et lui aussi. Et ils parlent bien mieux de moi des récentes sorties de disques, de cinéma et des choses de la vie. Le seul truc sur lequel j'arrive encore à pondre un texte quotidien, c'est les séries américaines dont je m'abreuve comme à une source sans fin : la preuve sur mon deuxième blog. Mais voilà, je reviens à mes premiers amours parce qu'il y a encore des passants qui s'arrêtent ici, des inconnus qui y laissent de gentils mots, et que je vous dois bien ça. 

Les choses marchent bien en ce moment. Sans que j'ai trop à me fatiguer, mon futur se dessine tranquillement mais sûrement et si je suis cette route, si j'évite les obstacles, si je retombe sur mes pattes, j'ai peut-être une chance d'être celui que je veux être, de faire les choses que je veux faire. Et si je me plante, vous serez les premiers au courant. Un hiver froid est au tournant, ce qui veut sûrement dire que je n'ai pas fini de vomir ma misère sur vous. Dylan a toujours la même place dans mon quotidien et il est très possible qu'il s'installe dans le vôtre si vous gardez l'esprit ouvert (et si je publie enfin des chroniques qui attendent, inachevées, depuis une éternité). Pour la première fois depuis très longtemps, je reste au même endroit sans faire du sur-place, je grandis sans que ça fasse trop mal, je me dessine des montagnes sans avoir peur de les escalader. 

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Alors pour toutes ces raisons, comprends moi cher lecteur et accepte toutes mes excuses. Accepte de me reprendre dans ta vie, dans tes favoris. Viens me lire de temps en temps. Fouille les archives pour tuer ton temps. 

Je te dis pas à bientôt, je te dis à la prochaine. 
 

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