Dylanesque

Don'tLookBack

Samedi 20 décembre 2008 à 21:33

J'ai découvert Jack Kerouac à l'âge de quinze ans et ses livres ont changés ma vie. Ca sonne comme un cliché, c'est surement arrivé à pas mal adolescents en quête de leur identité, mais c'est un fait, quelque chose qui fait partie intégrante de mon univers. Ce thème de la route, des grands espaces, de l'aventure humaine, qui ne me quitte jamais. Une obssession. Plus je relis "Sur la Route", "Les clochards céléstes" ou "Big Sur", plus ma frustration grandit, et mon envie de tout quitter pour un road-trip grandit. Mais que faire ? Ronger son frein en attendant la fin des études, ou succomber ce désir d'évasion ? Chaque chose en son temps.

"Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démance de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller". (Jack Keroucac, Sur la Route). 



Après avoir fait le tour de la bibliographie de Kerouac (il ne me manque plus que sa correspondance à vrai dire), je me suis penché cette année sur le cas de son aîné, Jack London. "La Route" et "Carnet du Trimard" sont deux récits relatant les vagabondages du jeune écrivain - qui ne l'est pas encore -, à la fin du 19ème siècle, dans une Amérique rempli de chemins de fer, de bandits des grands chemins et de "taureaux" (les forces de l'ordre) qui veulent sa peau. Non seulement ces aventures sont le miroir d'un écrivain en devenir, mais elles sont surtout un fabuleux appel à la liberté qui a illuminé une nouvelle fois ma poche à rêves. Quand est-ce que mon tour arrivera ?

Plus récemment, c'est un documentaire qui a attiré mon attention et ravivé mon désir d'évasion. Déjà passioné par les aventures du baroudeur dans l'émission (la meilleure du PAF selon moi) "J'irais dormir chez vous", je me suis précipité en salles pour assister au "J'irai dormir à Hollywood" d'Antoine de Maximy. Encore un pari fou, traverser les Etats-Unis, muni de ses caméras gadgets, au jour le jour. Facile pour ce baroudeur de première, véritable héros pour moi, un modèle incontournable. Dans une salle quasiment vide, je me retrouve face à la projection de mes rêves : le tour de l'Amérique, la bande son idéal, les rencontres, les aléas du voyage... La larme à l'oeil face à cet homme condammé à la prison, profitant de sa dernière journée de liberté pour aller pêcher. Le sourire face à ce vieillard new-yorkais, ancien acrobate qui fait des étirements dans Central Park. La peur au ventre en Nouvelle Orléans. Tout est attachant dans ce documentaire, et j'aurais voulu que jamais ça ne se termine. La rencontre final est une conclusion parfaite. Le coup du corbillard, un hommage, voulu ou pas, à Six Feet Under ? Mes souvenirs du film s'emmêlent et pas possible de vous en faire une critique inspiré et clair. C'est tellement personnel ce que je ressens, tellement ancré au fond de moi-même. Antoine de Maximy a le plus beau métier du monde. Je suis jaloux. Et en même temps, je suis encore jeune, pas vrai ?

 

J'écoute le blues de Robert Johnson, je jalouse le héros de Sean Penn dans "Into the Wild". Je m'enfile des road-movies à la pelle. Je relis Kerouac, London. J'attends. Mon tour viendra, j'en suis certain. 

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