Dylanesque

Don'tLookBack

Dimanche 3 janvier 2010 à 1:05

Voilà, 2009 est bel est bien enterré. Comme d'habitude, on a vu des bilans et des tops 10 sortirent de tous les coins de la blogosphère. Et c'est le dernier Phoenix qui revient à chaque fois. "Wolfang Amadeus Phoenix". Derrière ce nom ambitieux, déjà une référence.

http://dylanesque.cowblog.fr/images/wolfgangamadeusphoenixalbumcover.jpg

Je vous avait déjà dit tout le bien que je pensais de son prédécesseur, un album phare de mon adolescence. Même si j'y suis moins attaché, celui-là est tout aussi bon, si ce n'est meilleur. Les quatres génies de Versailles imposent avec ces dix chansons le son de 2009. Oui, car n'ayons pas peur des mots, voici l'album de l'année. Les multiples acclamations n'étaient pas démesurés, le buzz n'était pas surfait. Pour une fois, on tient là un album qui fait quasiment l'unanimité. Aucune révolution musicale à signaler, simplement du bonheur à tout les étages, de la pop inventif et addictif, dont il est impossible de se lasser. Depuis mai dernier, je me le repasse en boucle sans voir le temps passer. Comme si c'était la première fois.

"Lisztomania" a explosé dans mes oreilles dès la première écoute. Un coup de maître, qui s'accroche à vous pour ne plus jamais vous lâcher. Je pourrais vous faire l'éloge de chacune de ses chansons, mais on a déjà tellement parlé de cet album. Il suffit de lancer "Lisztomania" et tout est dit. Et on reste jusqu'à la fin.

J'ai passé mon été à sautiller au son de cette merveille. "Love Like a Sunset" accompagne tous mes trajets en voiture, en train, c'est la bande-son de mes rêves les plus acidulés. "Rome" est belle à pleurer et jamais la voix de Thomas Mars ne m'a aura autant bouleversé. Sa manière de répéter chaque mot, de les découper et nous les envoyez en pleine face en restant délicat.

http://dylanesque.cowblog.fr/images/others/phoenixband01.jpg

Cet album, il aurait pu être une grosse machine à tubes, sans personnalité. Mais grâce à un savant mélange, il est plus authentique que jamais. Beau, émouvant, riche en saveurs. Il éclate dans tous les recoins de la pièce dès qu'on le laisse en liberté. C'est un morceau de bravoure, un petit chef d'oeuvre des temps modernes. Réalisé par des types simples, adorables et humbles comme c'est pas permis.

"Wolfgang Amadeus Phoenix", c'est un miracle. Un album magique que j'écouterais encore en 2020, si tout va bien.

Samedi 2 janvier 2010 à 22:28

http://dylanesque.cowblog.fr/images/others/35655392710d39a6ab04b.jpg

Ils viennent d'Espagne, ils chantent dans la langue de Dylan et s'appliquent à créer depuis 2003 des pop-songs évoquant au mieux les Beatles, au pire Coldplay. Ils sonnent rétro et ça les dérange pas. Ils n'ont jamais cassés trois pattes à un canard mais peuvent viser juste à l'occasion. Voilà les Sunday Drivers, avec un nouvel album passé complétement inaperçu, "The End of Maiden Trip.

Moi, je les trouve sympathiques les conducteurs du dimanche. Un peu gauche, pas originaux du tout, mais gentils comme tout ! Je les avais découvert en 2005, à l'époque où "On My Mind" passait en boucle à la radio. Ils m'avaient vraiment conquis en 2007, avec "Tiny Telephone", un adorable album qu'il m'arrive de réecouter l'été en sifflotant.

Alors avec ce nouvel essai, je suis carrément déçu. "The End of Maiden Trip" ne parvient pas à offrir la même cohérence, le même enthousiasme. Les morceaux sont forcés, mous du genou et aucune trouvaille n'est à signaler ici. En peu de temps, les efforts des espagnols deviennent fatiguants et on se lasse de la voix, des effets rétro et des airs de guitares qui se ressemblent tous. Attention, tout n'est pas à jeter. "I" est un hymne pop-rock efficace tandis que "Specially" et le morceau final sont des ballades pas dégueulasse du tout. Hélas, pour le reste, c'est du réchauffé, de la soupe, de l'oubliable.

Mince, j'aurais aimé dire du bien de The Sunday Drivers, un groupe que j'affectionais. J'aurais du vous parler des albums précédents. C'est triste à dire, mais j'ai grandis et je n'ai plus de temps à perdre avec des disques aussi insipides.

Samedi 2 janvier 2010 à 22:14

http://dylanesque.cowblog.fr/images/others/ACE001Cover.jpg

On ne parle pas assez de Turner Cody. Alors dans l'indifférence générale, je vais encore en dire du bien. En vous parlant rapidement de "Buds of May", l'un des huit albums enregistrés par le barde de Brooklyn, et réedité en 2007. En espérant qu'un jour, on pourra le trouver en France.

Douze chansons douces dans une veine folk/country jamais poussive, toujours authentique. Les influences de Dylan (pour la voix et les mélodies) et Jonathan Richman (pour les textes aussi poétiques qu'absurdes) se mêlent toujours aussi bien et une production minimale finit de rendre le tout savoureux. De l'inaugural "Break for Boar" à la somptueuse ballade "When the Sands are Beds Again" en passant par "Ray", ma favorite, Turner Cody joue les lonesome cowboy dans votre salon, son chapeau et son air paumé inclus.

"Buds of May" est un nouveau délice servi à la sauce country par le plus attachant des troubadours. Laissez lui une chance de vous séduire, il pourrait devenir votre meilleur ami, et vous n'aurez plus qu'à aller boire quelques bières avec lui, en compagnie de Jeffrey Lewis et d'Adam Green !

http://dylanesque.cowblog.fr/images/turnercody2.jpg

Mercredi 30 décembre 2009 à 17:21

Allez, un dernier pour la route !
C'est que la mémoire me fait défaut...
Et j'avais oublié cette petite merveille !

http://dylanesque.cowblog.fr/images/others/ghtg.jpg

Stuart Murdoch, le barde écossais de Belle & Sebastian,
Une pochette sublime,
Un casting de luxe,
Des chansons comme des bonbons,
Un album de filles pour faire rêver les garçons !

GOD HELP THE GIRL,
c'était ça la pop en 2009...

À l'année prochaine !

Mercredi 2 décembre 2009 à 12:20

La décennie touche à sa fin. L'heure est aux bilans. 
C'est toujours très subjectif, un peu idiot et superflu, mais très amusant à réaliser !
C'est pourquoi, avant de vous faire part de ma sélection 2009, voici mon classement des 20 meilleurs albums de la décennie (2000-2009). 
Les albums qui m'ont accompagnés durant mon adolescence. 
Ceux que je réecouterais en 2050 pour me sentir jeune à nouveau. 
Pas la peine d'en rajouter. 
Sachez juste qu'il n'est pas trop tard pour repartir à la découverte de ces petites merveilles !

1) Modern Times (Bob Dylan)


2) Mysterious Production of Eggs (Andrew Bird)


3) Chaos & Creation on the Blackyard (Paul McCartney)


4) Mas Cambios (Herman Düne)


5) Yankee Hotel Foxtrot (Wilco)


6) Is This It (The Strokes)


7) The Black Light (Calexico)


8) Up the BRacket (The Libertines)


9) Post War (Matt Ward)
 


10) Friends of Mine (Adam Green)


11) New Moon (Elliot Smith)


12) Down the River of Golden Dreams (Okkervil River)


13) American Recordings IV (Johnny Cash)


14) Prairie Wind (Neil Young)


15) Lifted or The Story Is in the Soil, Keep Your Ear to the Ground (Bright Eyes)


16) Funeral (Arcade Fire)


17) Ghost of David (Damien Jurado)


18) Youth and Young Manhood (Kings of Leon)


19) The Earth is Not a Dead Cold Place (Explosions in the Sky)


20) The Trials of Van Occupanther (Midlake)


Mercredi 2 décembre 2009 à 12:07

Alors que je déguste les premiers chocolats de mon Calendrier de l'Avant, je vous présente deux albums qui devrait vous procurer tout autant de plaisir et de chaleur ! Si ça ne marche pas, vous pouvez toujours aller aux putes... 

Los Campesinos! - We Are Beautiful, We Are Doomed

http://dylanesque.cowblog.fr/images/others/loscampesinos.jpg

Los Campesinos!, joyeuse bande de gamins survoltés, avait mis tant d'énergie dans leur premier essai que je craignais de les voir s'écraser mollement par la suite. Et non ! "We Are Beautiful, We Are Doomed" est une très bonne surprise, un album maitrisé encore plus réussi que le premier !

La recette n'a pas changé pourtant : une bonne humeur communicative, des mélodies accrocheuses, des hymnes à la jeunesse parcouru de romantisme (tout est dans le titre). Aucun signe d'essouflement au long de ces dix titres. Pas de maladresses, de fautes de goûts. C'est surprenant. Moi, ça me ramène à l'époque du lycée, quand je sautillais au son des Strokes et des Libertines.

Les anglais de Los Campesinos! prennent la relève avec classe et sans prétention aucune. Sans la prétention des Vampire Weekend, sans la maitrise des Artic Monkeys, mais avec un sens du rythme et de la mélodie qui fait plaisir à entendre. Combien de temps cela va-t-il durer ? Avoir réussi à pondre deux albums aussi sympathiques tient déjà du petit miracle !

Josh Rouse - Home

http://dylanesque.cowblog.fr/images/others/QV36PYI6AH4H2SJAP3OJAVIJ3HP3ME2B.jpg

L'Americana a encore de beaux jours devant elle, il suffit de jeter une oreille à des artistes de la trempe de Josh Rouse. J'ai beau chercher, je n'ai pas trouvé un mauvais album dans une discographie qui s'étend désormais sur une décennie complète. Sorti en 2000, Home est un témoignage lumineux des débuts d'un artiste devenu désormais l'une des pierres angulaires de mon panthéon folk/pop contemporain. Carrément.

Enregistrées à Nashville, ces dix chansons sentent bon l'Amérique rurale et les promenades à la campagne, tout en flirtant avec la classe et l'énergie de la pop urbaine. L'artiste nous pond même un véritable tube pop, "Directions", qui connaîtra un petit succès d'estime en rejoignant la bande originale du film "Vanilla Sky". La voix suave du monsieur se fait groovy sur "Marvin Gaye" dont le titre annonce la couleur soul. "In Between" apaise les esprits, et on peut difficilement résister aux cuivres de l'inaugurale "Laughter".

Joliments orchestrées, ces compositions naviguent entre Memphis et Londres, sans jamais perdre de leur authenticité. Josh Rouse est un artiste sincère, généreux, c'est ce qui fait sa force. C'est ce qui nous pousse à l'aimer encore plus à chacun de ses albums, à siffloter ses mélodies et à fredonner des textes emplis d'une douce mélancholie. Dix ans après, Josh Rouse continue son odyssée musicale et c'est avec un immense plaisir que je vous le recommande.

Dimanche 22 novembre 2009 à 19:00

Isobelle Campbell & Mark Lanegan - Keep Me in Mind Sweetheart (EP)

Avant de vous confier mon profond amour pour la discographie de Belle and Sebastian, j'aimerais attirer votre attention sur la carrière solo d'Isobel Campbell. Enfin, pas vraiment solo, puisqu'elle est accompagnée par le très prolifique Mark Lanegan. Une collaboration qui fait des merveilles.

http://dylanesque.cowblog.fr/images/others/isobelmarkepcover.jpg

Les deux premiers albums du duo, sorti entre 2006 et 2008 sont deux petits bijoux à conserver précieusement au dessus de la cheminée, et à écouter près du feu, dès les premières neiges. Sans oublier de garder une place pour cet EP, "Keep Me in Mind Sweetheart", paru au début de l'hiver dernier, un beau cadeau pour les fêtes.

Quoi de mieux pour se réchauffer que la douce voix d'Isobel et celle, plus rauque de Mark Lanegan. Quand ces deux là se croisent autour du micro, on est souvent proche du sublime. Dans une ambiance folk où le dépouillement est de mise, les voix sont mis en avants et c'est au casque que l'on pourra les savourer au mieux. Avoir des frissons.

Le duo réussit à mêler l'authenticité et la rudesse d'un folk qui flirte avec le blues, avec l'aspect plus accrocheur de la pop. Grâce à des textes bluffants de simplicité, beaux à pleurer. Qui charment dès la première écoute. Cet échantillon de chansons est court, mais convaincant du début à la fin.

http://dylanesque.cowblog.fr/images/others/campbelllanegan1.jpg

Une atmosphère s'impose d'emblée, dès la somptueuse pochette. Isobel sait soigner les pochettes de disques, elle a su le prouver avec Belle & Sebastian, c'est une femme de goût, délicate, ravissante. Avec Stuart Murdoch, Isobelle avait un doux compagnon, plein de romantisme. Avec Mark Lanegan, elle a trouvé un homme, un vrai, un véritable bandit. Bonnie & Clyde.

C'est avec plaisir qu'on les suit sur cette route de campagne, en plein hiver, de "Keep Me in Mind Sweetheart", le titre d'ouverture à la magnifique "Hang On", une rengaine amoureuse qui prend aux tripes. En passant par "Violin Tango", une instrumentale pleine d'émotion. Ils réussissent aussi bien à convoquer le fantôme de Robert Johnson que celui de Johnny Cash. Ils revisitent l'Amérique à deux, avec une profonde sensibilité. Et on aimerait que le voyage ne s'arrête jamais...

Dimanche 22 novembre 2009 à 12:47

Je profite d'un dimanche bien au chaud dans mon appartement, alors qu'une tempête se déchaîne dehors, pour faire la lumière sur quelques petites merveilles... 

Los Campesinos! -
Hold On Now, Youngster...

Ils sont jeunes ! Ils sont sept ! Tout droit venus du Pays de Galles ! Et c'est avec une patate grosse comme ça qu'ils enregistrent ce premier album, au titre approprié, puisqu'il s'agit ici de musique pour faire danser les jeunes ! De l'indie pop raffraichissante, qui représente une bonne alternative à tous ceux qui ne supportent plus Franz Ferdinand. En plus de ça, ils sont drôles et ont un nom rigolo.

http://dylanesque.cowblog.fr/images/others/holdonnowyoungster.jpg

Comme sur un trampoline (attention à la métaphore minable), on saute d'une chanson à une autre avec légéreté, on se cogne sans jamais se faire mal sur les guitares et les violons, et on retombe toujours sur nos pattes. Contrairement à certains de leurs collègues qui voudraient nous faire taper du pied avec un maximum d'effets, Los Campesinos! bénéficient d'une production épurée, et d'un enthousiasme sincère. Une putain d'énergie bien illustrée par le single au titre significateur : "You! Me! Dancing!". Des hymnes énergiques comme "Death Of Los Campesinos!" ou bien "Don't Tell Me To Do The Math(s)" donnent une folle envie de bondir et de secouer la tête jusqu'à ce qu'elle se vide du peu qu'elle contenait. Quand l'album se termine, on voudrait bien le remettre au début mais on est en sueur. Et on se demande si malgré toute sa sympathie, ce premier essai ne risque pas de s'essoufler rapidement... Rien à foutre, Los Campesinos! ne nous invitent pas à se poser autant de questions, mais à vivre l'instant présent, en bougeant dans tous les sens ! Vous êtes tous conviés à cette grande messe joyeuse !


Ron Sexsmith - Retriever

Publié en 2004, ce septième album est passé un peu inaperçu, et c'est fort dommage. Un an après la mort du regretté Elliot Smith, on avait rarement vu quelqu'un écrire d'aussi bonnes chansons.

http://dylanesque.cowblog.fr/images/RonSexsmith2.jpg

Pas de changement de formule à déclarer sur ce sompteux Retriever : du folk délicat et chaleureux, enrobé d'une voix chaude dans laquelle on se glisse comme dans un nuage de coton. Ron Sexsmith compense son manque de charisme par un talent fou, et cotoie les sommets pop des Beach Boys avec "I Know It Well". "For The Driver" et "Tomorrow In Her Eyes" rappellent les meilleures compositions de Macca en solo, avec ce qu'il faut de guimauve pour séduire. Des accents soul sur "Whatever It Takes", la ballade ensoleillée "Happiness". "From Now On" sent bon l'americana seventies, avec classe et authenticité. Le son de l'album est aéré, jamais oppressant ou ronronnant (à la limite pourtant). Et puis qui aujourd'hui peut écrire des textes aussi beaux et purs que "How On Earth" et "Imaginary Friends" ? Ron Sexsmith a une longueur d'avance à ce niveau-là, et il entre au panthéon des artistes folk/pop contemporains, au même titre que Josh Ritter ou bien Josh Rouse, dans la même catégorie.

Un album délicat, où le timide Ron a besoin de pas grand chose pour faire fondre nos coeurs... L'état de grâce d'un jeune artiste sous-estimé qui a sa place depuis longtemps dans la cour des grands.


Vetiver - Tight Knit

Moins d'un an après "Thing Of The Past", recueil de reprises illuminant d'obscures influences, revoilà Andy Cabic et sa bande, qui nous livrent un album abouti et véritablement apaisant. Ce qui fonctionne bien ici, c'est que chaque chanson baigne dans une atmosphère différente, offrant ainsi un joli panel de variations autour du folk, de l'americana et de la country. De manière accessible et jamais soporifique, l'album se déroule dès l'inaugural "Rolling Sea" comme une vague paisible et parsemé de ravissants remous, comme ce sautillant "More Of This", ou la gentillette "Everyday".

http://dylanesque.cowblog.fr/images/vetiver.jpg

Probablement l'album le plus cohérent du groupe, qui a pris ses distances avec le freak Devandra Banhart pour notre plus grand plaisir, "Tight Knit" est un ode à la tendresse, une douce caresse. Une bulle de coton illustrée par une pochette à spirales, traversée parfois par des sons reggae ou des rythmes latinos. Pas de prises de risque donc, pour Vetiver, qui continue d'explorer la même formule et qui le fait avec un plaisir communicatif et un véritable savoir-faire.

Dimanche 22 novembre 2009 à 1:02

Julie Doiron - I Can Wonder What Your Did With Your Day

Julie Doiron, c'est une artiste auquel on s'attache très rapidement. Armé d'une déjà longue discographie très cohérente, de multiples collaborations exemplaires (elle a tenu la basse pour Herman Düne), elle bénéficie en plus d'un joli minois. Sa principale qualité est surtout de savoir pondre en toute simplicité les plus authentiques des chansons, avec la plus tendre des voix. Et c'est pas rien...

http://dylanesque.cowblog.fr/images/others/julie0831argb75x5300dpi.jpg

Pas de grands changements avec ce dernier album en date, une solide collections de chansons où l'introspéction et le dépouillement font loi. Certes, l'ambiance est un peu plus survoltée que d'habitude, les guitares grondent et la production de Rick White achève de rendre le tout lo-fi, entendez par là joliment crade. Sur les titres les plus enlevés, comme "Spill Yer Lungs" ou "Consolation Prize", on a un peu l'impression d'entendre une adolescente canadienne sautiller dans une maison en bois au fond d'une forêt enneigé. (je me comprends) Elle chante pour faire fondre la neige, puis gazouille pour faire revenir le printemps.

Chaque piste réussit à convaincre, sans jamais forcer, d'une manière vraiment naturelle. On a affaire à des textes très personnelles, intelligents. Même la courte escapade dans la langue de Molière ne fait pas tâche ("Je le Savais"). Bref, aucune faiblesse à signaler, Julie Doiron affirme son talent, sa candeur et comme d'habitude, fait souffler un vent frais sur nos platines ("Borrowed Minivans", "When Brakes Get Wet"). Réchauffe nos petits coeurs avec "It's Always Nice to Come Home", la plus dépouillée et ravissante des ballades. Pas d'influences à déclarer, Julie Doiron affirme son style et nous offre son meilleur album. C'est très généreux de sa part.

http://dylanesque.cowblog.fr/images/others/454235866l.jpg

En attendant le printemps, ce joli album saura assurément vous faire passer l'hiver.

Vendredi 16 octobre 2009 à 14:29

Band meeting !
Jemaine ? "Present"
Bret ? "Present"
Murray ? Yes, present !

http://dylanesque.cowblog.fr/images/others/fotccover.jpg

Je me présente, Murray Hewitt, manager des Flight Of The Conchords. Ca ne vous dit peut-être rien pour l'instant, mais chez nous, en Nouvelle-Zélande, c'est déjà un phénomène de société ! Le quatrième meilleur duo de "guitar-based digi-bongo acapella-rap-funk-comedy folk" !

Tout commença à Wellington, où Bret McKenzie et Jemaine Clement se rencontrèrent, sur les bancs de l'université. Après avoir convaincu la nation toute entière (ils attirent les touristes presque autant que le parcours du Mordor !), ils sont partis à l'assaut de l'Amérique ! Installés à New York, il leur a fallu seulement deux ans pour s'imposer. Deux saisons d'une série sur HBO, quelques concerts et un premier album.

Un premier album fabuleux ! Un premier titre bossa-nova, "Foux Du Fafa", où on se moque gentiment de vous, chers amis français ("Où est la bibliothèque ?"). Des hymnes à l'amour tels que "Ladies of the World" ou "The Most Beautiful Girl In The Room" ("She's beautiful like a high-class prostitute, like an air-hostess in the sixties !"). De l'expérimentation, du psychédélique avec "Prince Of Parties", du funk débridé avec "Business Time", du rap langoureux avec "Hiphopopotamus vs. Rhymenoceros", "Mutha'uckas" et "Boom" ("She's so hot, she's making me sexist !"). Des chansons engagées où l'on parle des problèmes du monde ("Inner City Pressure" et "Think About It"), parce que les maladies des singes, on en parle pas assez... Même moi je pousse la chansonnette sur "Leggy Blonde", une belle déclaration d'amour qui fera fondre un iceberg, oui, un iceberg !

http://dylanesque.cowblog.fr/images/others/flightoftheconchords.jpg

Je n'exagère rien, ce disque va changer votre vie ! Tout le monde va s'arracher ce premier album ! Même les fans de Bowie vont y trouver leur compte ! Think About it !

"Making love
Making love for
Makin love for two
Making love for two minutes
When it's with me you only need two minutes,
because I'm so intense
Two minutes in heaven is better than one minute in heaven"

<< Page précédente | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | Page suivante >>

Créer un podcast